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Les outils de la discorde…

Renouer avec l'esprit canin

Les outils de la discorde…

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Quel que soit le choix des outils employés en éducation ou en rééducation canine, leur utilisation doit être liée à un apprentissage effectif, c’est à dire être accompagné d’une méthode, construit par une technique et ponctué par un résultat.

Se reposer indéfiniment sur l’outil, pour la mauvaise raison de la facilité n’apporte rien. C’est un levier, qui doit nous permettre d’inculquer un comportement souhaité. Une fois l’objectif atteint, son utilisation doit devenir le plus souvent “passive” pour que l’outil ne devienne pas « le signal ». On trouve les pro et anti : collier chaînette, étrangleur ou martingale, collier plat, laisse lasso, harnais, harnais anti-traction, licol de conduite, laisse à enrouleur, cage d’intérieur etc.

Le plus souvent, le débat porte sur les moyens utilisés pour la marche en laisse et le contrôle du chien. Collier ? Harnais ? Quel type de collier ? Quel type de harnais ?Comment l’utiliser ? Pour un chien ? Un chiot ? Tous ont une fonction bien précise… Il faut simplement optimiser leur utilisation en fonction de la situation ou de la problématique que l’on rencontre avec le chien. Ils ont tous des avantages et des inconvénients… de bonne facture ou de mauvaise qualité… Mais encore une fois c’est la façon de les utiliser qui fera d’eux des outils bienveillants ou non…

Bien souvent nous devons intervenir quand le propriétaire rencontre une difficulté lors de la marche en laisse. Soit il n’a pas initié son chiot au suivi naturel, à la conduite au leurre, au contact visuel, à la position de base ou tout simplement à se contrôler… Soit l’acquisition du chien s’est faite plus tard avec un chien plus âgé qui avait déjà pris de mauvaises habitudes ou qui présente des troubles du comportement. C’est là que le choix des outils s’avère important. Il peut jouer le rôle d’un accélérateur dans le processus de rééducation car on se trouve bien devant une forme de rééducation, l’association commandement/comportement ayant été mal initiée, mal associée par le chien ou tout simplement il n’est plus capable de répondre aux signaux à un instant T.

Un des apprentissages clés du chiot, est de céder volontairement à la pression de laisse/collier, pour en augmenter la sensibilité et jusqu’ à acquisition du comportement en laisse détendue. C’est un exercice qui se pratique d’abord en phase statique, avec un minimum de pression (on utilise une ficelle en remplacement de la laisse) avant de débuter l’apprentissage de la marche proprement dite et dans un environnement faible en distractions. Généralement c’est le contraire qui est pratiqué. Début d’utilisation laisse et collier ou harnais sans réel apprentissage, avec fortes pressions et dans des lieux chargés de distractions. On a encore l’illusion de maîtriser le petit chiot de 8 kg tout mouillé.

On expose le chiot/chien à des stimulations excessives (sous prétexte de sociabilisation), on laisse s’installer la traction par réflexe d’opposition, on installe inconsciemment les mauvaises habitudes, et on augmente ensuite le niveau de contrainte en changeant d’outil quand le précédent ne fonctionne plus. Le chien s’est endurci et est devenu insensible aux signaux laisse/collier. Cette insensibilité par défaut d’apprentissage se traduit par une tension continue sur la laisse, envoyant de ce fait de très mauvais signaux à l’animal dans de nombreuses situations avec les conséquences qui l’accompagnent. C’est à ce moment qu’entrent en action les outils d’aide à la rééducation conseillés par x ou recommandés par Y, ou encore vus sur internet… Encore faut-il comprendre leur utilité.

Utiliser un licol de conduite, sans doubler avec une laisse/collier conventionnels est une erreur, car il n’offre que la possibilité de diriger le chien mais pas de le contrôler en cas de réelle nécessité, ni d’apprendre à réagir au signal de pression de laisse et encore moins au commandement verbal qui le suit. Mal utilisé et en cas de fortes tractions, notamment pour des sujets impulsifs, les tensions à répétitions (toujours sur le même côté) fragiliseront les vertèbres cervicales. En revanche, il peut aussi s’avérer très performant chez des chiens qui ne répondaient plus ou peu aux colliers classiques, en prenant soin de travailler alternativement les changements de direction à droite puis à gauche.

D’autres systèmes, (inspirés du licol éthologique en équitation), appliquent des points de pression sur le chanfrein et certaines zones innervées de la tête du chien. Là aussi l’action sur la laisse doit être légère, indicative, pour ne pas solliciter à l’excès la nuque et les cervicales par une trop grande flexion.

Idem pour le harnais anti-traction, qui va dévoyer la dynamique de marche par la contrainte imposée, mais n’indique pas au chien la place qu’il doit tenir à côté de son maître. Là aussi, à long terme, les dégâts sur les articulations et le squelette du jeune chien sont bien réels. Utilisé avec une deuxième laisse/collier, un produit de qualité, bien ajusté à la taille du chien et respectant au mieux sa locomotion, peut montrer rapidement son efficacité s’il s’accompagne de l’apprentissage adéquat, c’est à dire que le chien tienne sa place, que vous tourniez à gauche ou à droite.

Utiliser un collier chaînette sans le mettre dans le bon sens et sans avoir appris au chien à réagir positivement au « clic » du maillon qui coulisse, est totalement contre-productif. Les pressions à répétitions (souvent durant toute sa vie) peuvent entraîner des lésions irréversibles. Mais bien utilisé, à la bonne taille, avec un maillage adapté au type de chien, peut être un outil efficace offrant le maximum de sécurité.

Il n’y a pas d’outils miraculeux sans maîtrise. Laisses, colliers et autres aides matérielles constituent des liens, des transmetteurs de signaux à des fins d’apprentissage, mais doivent progressivement devenir invisibles ou passifs, tout en restant des éléments de sécurité dans certaines situations. Le chien se conduit prioritairement à la voix. Au même titre qu’il est interdit au chien de nous montrer sa force en laisse, utiliser la force pour conduire un chien n’est pas pédagogique.

Plus l’outil est contraignant, plus son action doit être courte et mesurée avec l’objectif de pouvoir s’en passer rapidement. Un harnais “anti-traction” mal utilisé peut causer plus de dégâts qu’un collier chaînette bien utilisé tout comme l’inverse.

Par rapport à un objectif souhaité, il faut trouver l’adéquation entre plusieurs paramètres : le niveau d’éducation acquis et les lacunes, le chien et son tempérament/comportement, l’outil employé, le maître et ses capacités. On ouvre les tiroirs, on propose une solution, on explique, on teste et on valide si le résultat est concluant pour le couple chien et propriétaire.

Incriminer tel outil ou tel autre, parce qu’on n’en connait pas le mode d’emploi, n’est pas constructif et apporte beaucoup de confusion chez l’utilisateur. C’est souvent le fait d’incompétents dont le niveau de connaissances se limite aux aventures de Belle et Sébastien. Ce qui est attendu par le propriétaire rencontrant une problématique avec son chien, c’est du conseil, un savoir-faire, une approche pertinente avec un maximum d’efficience.

Alors avant de jeter au feu tel outil ou tel autre, ou avant de faire un choix, attardez vous plutôt sur l’utilisation qui en est faite : est-elle adaptée ? Efficace ? Pédagogique ? Et sur son utilisateur : ses compétences, sa maîtrise du sujet et sa caisse à outils : son cerveau, son regard, sa voix, ses postures et sa gestuelle.

On a parfois la liberté de choisir les contraintes qu’on s’impose…Essayons de choisir intelligemment et de minimiser celles que nous imposons à nos chiens.

Canemspirit – Education canine & comportements canins